Il nous paraissait important de nous faire l’écho de l’avis de M. le Commissaire enquêteur sur le PLU de Noisy-le-Grand, suite à la parution du magazine municipal. Chacun pourra se faire son opinion, après les comparaisons qui s’imposent !
Extraits :
Ce projet de plan local d’urbanisme - tel qu’il se présente actuellement, c’est important de le préciser – est rejeté par une forte majorité des personnes qui se sont exprimées au cours de l’enquête. On aura pu s’en rendre compte en lisant les 78 pages d’analyse des observations formulées sur les registres.
Bien sûr, il y a des observations favorables au projet : 66 sur 210 + une pétition de 81 signatures et une observation commune à 9 personnes, soit un total de 156. Mais les observations défavorables sont au nombre de 135 (sur les 143 restantes, il y a 4 observations qui traitent de sujets techniques et 3 qui traitent de leur cas particulier), 135 observations auxquelles s’ajoutent une observation commune à 7 personnes et des pétitions totalisant 3 350 signatures, soit un total de 3 492 opinions défavorables.
Les personnes qui donnent un avis favorable sont, ou bien des personnes proches de la majorité municipales en place (plusieurs en font partie), ou bien des personnes qui habitent dans un quartier que les dispositions du PLU ne touchent pas : le Clos Saint-Vincent (rénové relativement récemment et qui ne va plus bouger), les Richardets (en dehors du pôle, qui doit évoluer), et aussi le Champy ou encore la Noiseraie (ensembles de collectifs, dont il s’agit plutôt de renforcer les équipements sans bouleverser le bâti).
Ces personnes, tranquilles dans leur quartier, approuvent les orientations générales du PADD (NDLR : Plan d’aménagement et de développement durable) en particulier la construction de logements « qui manquent tellement ». Mais elles ne se demandent pas comment la construction de ces logements va se traduire pour les habitants des « secteurs porteurs de développement ».
A l’inverse, on constate un rejet total, quelquefois même de la révolte, non seulement chez les habitants que les projets de la mairie menacent de chasser de chez eux, mais aussi chez les habitants des zones pavillonnaires (v. les observations n° 148), qui voient se modifier le caractère de leur quartier du fait de la construction de petits immeubles dans les « périmètres d’études ». Des périmètres, maintenant au nombre de 12, dont on ne soupçonne pas l’existence si on se borne à regarder le plan de zonage (pièces 5.1, 5.2 et 5.3), car il faut ouvrir, dans l’annexe informative, le plan 7.3.1 pour les découvrir.
C’est ainsi qu’on met le doigt sur une contradiction entre les objectifs clairement affichés du PADD –ici « Protéger le caractère résidentiel des quartiers pavillonnaires » - et la traduction qui en est faite dans le règlement (partie écrite + partie graphique) et surtout dans la politique interventionniste conduite par la municipalité […].
L’opposition de la part des habitants repose avant tout sur le nombre de logements à construire dans l’avenir proche, c'est-à-dire d’ici à 2020. […]
Sans doute est-il admissible de commencer par se fixer, dans l’abstrait, un certain chiffre. Mais il semble qu’une démarche sérieuse consiste à examiner, ensuite, s’il est possible de construire effectivement sur le terrain ce nombre de logements, en prenant en compte les caractéristiques effectives des « sites mutables » et en respectant l’orientation du PADD visant à la bonne insertion des projets dans leur environnement ce qui a des chances de ramener finalement l’objectif à un niveau plus réaliste. C’est le cas à Noisy-le-Grand, où les projets du Clos aux Biches, du Clos d’Ambert, de Gournay-Cossonneau risquent, si on n’y accorde pas la plus grande attention, de ne pas bien s’insérer dans leur environnement non seulement bâti mais aussi humain. […].
Fin mai 2011, […], M. le Préfet informe que la loi du Grand Paris (70 000 logements à construire par an en Ile de France) le conduit à revoir à la hausse la participation de Noisy-le-Grand à cet effet. […]. Voilà une information de nature à réexaminer l’objectif que la commune doit intégrer dans le PLU : ce sera donc – au moins – 5400 logements que Noisy-le-Grand devra construire de 2011 à 2020. […]
La concertation
Dès avant le début de l’enquête, après avoir lu dans le « Bilan de la concertation » quelques comptes-rendus des réunions publiques, j’avais la conviction que les représentants de la commune avaient répondu aux questions des personnes présentes, en donnant des détails sur les aménagements projetés, mais qu’il n’y avait pas eu une concertation telle que l’a souhaitée la loi SRU en la rendant obligatoire « pendant toute la durée de l’étude ».
Une concertation, c’est écouter les critiques, les propositions, les suggestions des habitants et modifier le projet pour en tenir compte. C’est aussi travailler avec les associations directement concernées par tel ou tel projet. La majorité des personnes que j’ai reçues ou qui se sont exprimées dans les registres m’a appris que cela ne se fait jamais à Noisy-le-Grand. Pourtant, quand j’en ai parlé avec des représentants de la Ville (service Urbanisme et élus), ils m’ont dit que, pour ne parler que de la concertation sur ce projet de PLU, ni les habitants, ni les associations n’ont jouté un rôle actif : des questions, pas de propositions. Alors que se passe-t-il ? (NDLR : dire que les associations n’ont pas fait de propositions, c’est ici proprement scandaleux : l’association de défense des habitants des Bas-Heurts – La Varenne a travaillé avec des élèves d’une école d’architecture à un projet d’éco-quartier et a publié ses travaux sur son blog http://www.noisy-les-bas-heurts.com !)
La protection de l’environnement
Le PADD proclame fièrement « Noisy-le-Grand : une ville de référence pour la préservation de l’environnement ». Mais le projet de règlement (pièce écrite et documents graphiques) porte atteinte au milieu naturel et donc à la biodiversité du Parc de Villeflix et à celle du fort de Villiers, et n’assure pas la protection rigoureuse du biotope du Bois Saint-Martin. […]
Conclusions (extraits)
"Il y a une arme plus terrible que la calomnie, c'est la vérité" (Talleyrand)
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